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lundi 19 août 2013

La politique moderne #3: L'éveil politique, par Tristan Tremblay


     L'époque dans laquelle nous vivons actuellement à amené son lot de changements sur le plan politique, et cela n'exclut définitivement pas le Québec. En à peine un demi siècle, nous sommes passés de l'obscurantisme catholique et de la tyrannie britannique et canadienne à un État social-démocrate et une société dite «libre».

     Mais à quoi peut bien nous servir tout ça? Ces beaux principes de démocratie, trop souvent bafoués, sont, en théorie, excellents vis-à-vis la population. À priori, il s'agit probablement du meilleur système que l'homme a conçu. En réalité les choses vont autrement. Ces principes ne peuvent pas être appliqués si le peuple ne vote pas, ou s'il n'a pas l'information et l'éducation nécessaire pour le faire. 

     Dans une démocratie fonctionnelle, il faut tout d'abord plusieurs partis avec des idées différentes et des budgets électoraux similaires. Le temps nous montre bien que le bipartisme n'est qu'une illusion du choix. On nous présente deux alternatives, et les partis plus petits n'ont pas la même médiatisation, ce qui les empêche bien sûr d'être élus. Le bipartisme est un sophisme grotesque qui doit à tout prix être évité. Ensuite, il faut une information neutre et une population votante assez éduquée pour comprendre les enjeux et s'en faire une idée à partir de débats sains et équilibrés. Finalement, il faut éviter toute influence corporative ou financière au sein même des partis. 


     Dans le Québec d'aujourd'hui, des médias populistes et démagogues ou règnent la peur et la désinformation sont les principales sources de nouvelles pour la population. Les radios poubelles leur emboîtent le pas, des animateurs n'ayant à peu près aucune connaissance en politique discutant ouvertement de société, de religion et d'autres sujets sensibles, pendant qu'une partie non négligeable de la population votante écoute et applaudit. Des médias diffamatoires, combinés à une propagande économique de découragement qui sévit depuis l’avènement du néolibéralisme créent une société stigmatisée, mal informée et inapte à voter. Ajoutons à cela tous les intérêts financiers qui possèdent à eux seul l'ensemble de nos partis politiques, tels des actionnaires, et nous obtenons une démocratie parfaitement dysfonctionnelle. Une dystopie cauchemardesque... 


     En d'autres termes, pour qu'on puisse adéquatement appeler notre système «démocratie»  il faudrait que chaque vote soit informé de façon neutre sur une majorité d'enjeux et également réparti entre les multiples choix qui s'offrent à lui. Les gens qui sont (disons le ainsi) ''endormis'' politiquement ne peuvent avoir d'opinion que sur certains enjeux bien précis qui les touchent dans leur vies quotidiennes. Ils ne peuvent pas se figurer l'ensemble complexe de l'échiquier politique, ne se prononçant que sur ce qui les affecte directement. Ces gens plombent la démocratie, la rendant inexacte et inefficace.

     C'est pourquoi il ne faut pas minimiser l'importance du débat politique dans notre société. Les gens ont tendance à trouver ça ennuyeux, voire inutile, quand au fond cela les touche plus qu'ils ne peuvent se le figurer. Si une plus grande partie de la population s'y intéressait, les résultats d'élections seraient, à mes yeux, doublement valables. Si donc, un peu comme nous, vous en avez assez de la lourdeur bureaucratique de la démocratie néolibérale qu'on endure, ce n'est pas une dictature qu'il vous faut, mais une population votante éduquée et correctement informée dans un Québec souverain et libre des restrictions d'une vulgaire province.

jeudi 15 août 2013

Réjean Hébert, ministre de la Privatisation, par Tristan Tremblay

     Encore une fois, le PQ reviens sur ses engagements. Figurez-vous donc que notre ministre de la Santé et des Services Sociaux, Réjean Hébert, à prix la fâcheuse décision de renoncer à la gratuité des nouveaux actes médicaux accordés aux pharmaciens. Considérant que la gratuité des services médicaux à l'ensemble de la population est un choix que la société québécoise à fait il y a déjà plus d'un demi siècle, il s'agit d'une nouvelle scandaleuse pour la démocratie québécoise.

     En effet, cela signifie que seulement 40% des Québécois seront remboursés lorsqu'ils auront recours a certains nouveaux services en pharmacie. Cela n'a pas sa place dans un état où tous doivent être soignés gratuitement, du sans-abri au Premier ministre, en passant par toutes les strates de la société. Une telle privatisation, même si elle ne vise qu'une infime partie des services offerts, est répugnante, car cela permettra une fois de plus à ceux qui en ont les moyens d'être soignés avant tout le monde. Par dessus tout ça, les médecins sont maintenant en négociation avec les pharmaciens pour se séparer équitablement l'argent ainsi amassé, eux qui sont déjà parmi les mieux payés de notre société. Personne, ni le gouvernement, ni les médecins, ne pensent aux patients à un point ou un autre de cette démarche. À quand un vrai service gratuit et universel, sans frais cachés ni cliniques privées pour les patrons?

mercredi 14 août 2013

Négligence criminelle à Lac-Mégantic (suite), par Tristan Tremblay

     Ce matin dans le quotidien Le Soleil, on apprends que l'Office des transports du Canada (OTC) suspends le certificat d'aptitude de la Montreal, Main and Atlantic Railway (MMA) suite aux événements du mois dernier. Cela veux dire que la compagnie ne pourra plus opérer ses trains en territoire canadien. Il était temps... Entre temps, la compagnie s'est mise sur les lois de la protection de la faillite, disant ne pas posséder les fonds nécessaires pour payer le nettoyage et la reconstruction du village.

     Au final, il s'agit d'une autre bavure des multinationales pour laquelle les contribuables devront payer de leurs poches, une autre tragédie humaine et évitable dont la culture du «profit à tout prix» aura été la cause. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer pourquoi l'OTC à attendu un mois avant d'empêcher ces fous furieux de frapper à nouveau? Une fois de plus, les criminels restent impunis, les citoyens payent la facture et l'industrie s'en lave les mains. On entends souvent parler de peine plus sévères pour les violeurs, les tueurs, les pédophiles, etc. Et la population applaudit. Par contre, jamais un média populaire n'ira dire qu'il faudrait imposer des peines plus sévères à des compagnies, parce que c'est tellement nuisible pour l'économie... 

     
Foutaise! Le résultat : des meurtriers courent toujours, et avec une cinquantaine d'âmes sur la conscience.

mardi 13 août 2013

Fukushima, ou les dangers flagrants de l'énergie nucléaire, par Colombe Claveau


     Une parution dans l'édition no. 177 du quotidien Le Devoir sur les conséquences désastreuses de Fukushima attise aujourd'hui mon mépris de l'énergie non renouvelable qu'est le nucléaire, et de l'indifférence dont font preuve les autorités envers leurs concitoyens. Il y est relaté que ''300 tonnes d'eau radioactive se déversent chaque jour dans le Pacifique''. La compagnie d'électricité Tepco à Tokyo est le gestionnaire de la centrale nucléaire qui, le 11 mars 2011, engendra toute une série de catastrophes. Celles-ci, comme vous le savez probablement déjà, ont été causées principalement par un séisme qui entraîna un arrêt automatique des réacteurs en service, puis la perte de l'alimentation électrique. À la suite du tsunami, des groupes électrogènes de secours sont tombés en panne, des débris ont obstrué des prises d'eau, etc. Ajoutées à plusieurs erreurs humaines, toutes ces fautes ont causées l'arrêt des systèmes de refroidissement de secours des réacteurs nucléaires, ce qui provoqua des fusions partielles des coeurs des réacteurs nucléaires puis d'important rejets radioactifs. Dans les premières semaines suivant le drame, 11 000 tonnes d'eau radioactive se sont écoulées directement dans les sous-sol de la centrale pour ensuite se mêler à la nappe phréatique ainsi qu'aux rivières passant sous la centrale pour finalement se déverser dans le Pacifique. Cette brèche n'a toujours pas été fermée à ce jour, avec ses 300 tonnes d'eau contaminées rejetées chaque jour dans l'océan Pacifique.

     Cette situation encore catastrophique aujourd'hui n'est pas surprenante vu la lenteur qu'ont les autorités à agir convenablement et leur incroyable manque de rationalité en ce qui attrait à l'utilisation des centrales nucléaires. Les compagnies d'électricité nucléaire s'auto-proclament comme étant une bonne option sur le plan environnemental, car elle n'émettent pas de gaz à effets de serre ou de polluant dans l'air comme le charbon, les gaz naturels ainsi que le pétrole. Pourtant, l'impact qu'ont les déchets radioactifs sur l'environnement et surtout sur notre santé sont considérables. L'extraction de l'uranium demande des ressources énergétiques formidables ce qui signifie que l'énergie nucléaire est en vérité une source considérable d'émissions de gaz à effets de serre. Sans oublier que les déversements d'eau contaminée provenant de l'exploitation minière de l'uranium empoisonnent les pêcheries et menacent grandement la santé des communautés locales. Il y à bien pire, par exemple, le radium qui est un atome radioactif, est principalement présent dans les déchets radioactifs et il à besoin de 16 siècles pour perdre la moitié de sa radioactivité. Le radium est considéré comme un déchet à vie moyenne, alors que pour l'uranium qui à une vie longue, sa demi-vie est d'environ 4 milliard et demi d'années. Sans compter leur radioactivité interminable, le problème avec ces déchets radioactifs est qu'on ne peut pas les gérer ou les entreposer de manière sécuritaire. Par exemple, en 2000 le Canada avait accumulé 35 000 tonnes de déchets nucléaires hautement radioactifs sans aucun endroit pour les entreposer. Avec leur période radioactive de 25 000 ans, ses déchets nucléaires demeurent dangereux durant près de 250 000 ans, représentant des coûts ainsi que des risques énormes pour les générations futures.

     Des problématiques nombreuses sur la sécurité entourent cette énergie malsaine, plus particulièrement lorsque les centrales commencent à prendre de l'âge, car elles émettent de plus en plus de radiations, ce qui augmente grandement les risques de cancer chez les travailleurs, leurs enfants, ainsi que toutes les personnes vivant dans les environs. Économiquement, l'énergie nucléaire n'est pas profitable du tout. Premièrement l'uranium utilisé qui n'est pas si cher pour l'instant, requiert une exploitation très complexe et la sécurité nécessaire à son utilisation augmentent considérablement le prix de cette énergie. Aussi, l'utilisation de plus en plus importante de l'uranium fait augmenter le prix de ce minerai qui n'existe qu'en quantité limité. Sans oublier les mesures de sécurité nécessaires dans une centrale tel que les parois en plomb qui posent des coûts très élevés. Aussi, la durée de construction d'une centrale est d'environ 10 ans, tandis que sa durée de fonctionnement est d'à peine 30 à 40 ans, et nécessite un coût énergétique et une grande quantité d'acier et de ciment. Et bien sur, afin de refroidir le réacteur la centrale à besoin de la présence d'une rivière ou d'un fleuve à proximité, l'eau qui en ressort est réchauffée, ce qui détruit la faune. Tout ces inconvénients à court et à long termes sont-ils un risque à prendre pour obtenir de l'électricité ? Au Québec, nous avons misé sur une énergie renouvelable et très écologique qui de plus est nationalisée, l'hydroélectricité. Hydro-Québec qui est le plus grand producteur d'hydroélectricité au monde, produit 98% de son énergie à partir de l'eau, une source d'énergie propre, renouvelable et fiable. Nous avons la chance d'avoir recours à cette source d'énergie car elle tire partit du vaste potentiel hydraulique du Québec. Il ne faut pas mettre de côté le fait que la seule centrale nucléaire du Québec, Gentilly-2 située à Bécancour, appartient à Hydro-Québec, mais cette dernière est en fermeture définitive depuis le 28 décembre 2012. En matière d'énergie, nous sommes un exemple à suivre. Lorsque nous prenons conscience de tout les inconvénients financiers et environnementales que crée l'énergie nucléaire, et avec toutes les catastrophes d'envergure tel que Tchernobyl et Fukushima, il est urgent que les autorités revoient leurs priorités.

mardi 9 juillet 2013

Négligence criminelle à Lac-Mégantic, par Tristan Tremblay


     Lac-Mégantic. Petite municipalité tranquille du Sud-est québécois. Dans la nuit de vendredi à samedi, le temps s’arrête. Un train de la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) dont les 73 wagons sont remplis de pétrole et autres substances inflammables explose en plein milieu de la ville. La journée suivante, le Québec entier est en deuil. Une catastrophe qui a peu d’équivalents dans l’histoire québécoise. Dès les premières analyses de la chronologie de la catastrophe, l’erreur humaine sera pointée du doigt. En effet, le conducteur aurait oublié d’activer les freins du véhicule, stationné en haut d’une pente de 13 kilomètres de profondeur qui mène au cœur de la ville. Ce matin, dans Le Soleil, on apprend que le PDG de la compagnie mère (Rail World) pointe du doigt les pompiers, qui auraient facilité l’incendie à coup d’erreurs logistiques.

     Foutaise!

La catastrophe vue de l'espace, photo de la NASA
     Si demain matin, un corps est trouvé criblé de balles au centre ville de Montréal, et que les spécialistes en balistique de la police démontrent sans l’ombre d’un doute que les balles provenaient d’un fusil enregistré a votre nom, on vous arrêtera immédiatement pour vous interroger et subtiliser ce jouet dangereux de votre possession. Et la plupart des gens, incluant moi, trouvent ça tout à fait logique.

     Comment se fait-il donc que le PDG de la MMA et celui de la Rail World ne soient pas en train d’être interrogés par la SQ et la GRC en ce moment même? Ils sont pourtant les propriétaires humains de ces compagnies, qui causent des morts. 

     Pas des dégâts environnementaux, même s’ils sont déjà assez graves lorsqu’ils surviennent. Des morts. Des dizaines de morts. Présentement la SQ n’en dénombre que 13, mais la cinquantaine de personnes manquant toujours à l’appel nous laisse facilement deviner la suite.

Edward Burckhardt
     Par-dessus tout ça, on apprend aujourd’hui qu’Edward Burckhardt, PDG de la Rail World, celui-là même qui refuse toute responsabilité en la mettant sur le dos des autorités locales est le père de la ‘’one-man crew’’, une doctrine visant à informatiser les systèmes des trains pour qu’un seul homme soit nécessaire pour les faire fonctionner. Tout ça, pour vouloir sauver de l'argent à une compagnie qui fait déjà des millions en profits annuellement. Vendredi soir, celui qui était responsable du train était assoupi dans un hôtel au moment de la tragédie. Doit-on le blâmer, comme feront probablement plus tard ses patrons? Non. Va-t-il s’en vouloir toute sa vie pour ce tragique incident? Bien sûr. Il ne m'est même pas nécessaire d'ajouter que la MMA est connue pour son lot d'accidents, partout ou ses trains sont en opération


     Mais qui est vraiment à blâmer pour ces pertes de vies humaines? Les compagnies responsables, et leurs normes de sécurité ridicule. Comment peut-on possiblement laisser une bombe de cette ampleur à proximité d’une ville, en marche et sans surveillance? Les dirigeants de ces entreprises devraient passer le restant de leurs vies en prison pour négligence criminelle, mais à l’insignifiance de notre système judiciaire, il est plus probable qu’ils aient à verser le montant d’une amende qui n’équivaudra même pas à 10% de leurs profits annuels.

mercredi 26 juin 2013

L'accord secret de Stephen Harper, par Guillaume Campbell


       Des années de « lobbying » auront finalement payé pour le Canada. En effet, le gouvernement fédéral voulait depuis longtemps être admis au « Trans-Pacific Partnership » qui inclut désormais l’Australie, le Chili, le Mexique, La Nouvelle-Zélande, le Pérou, le Vietnam, les États-Unis, etc. Et pourtant, après avoir été accueilli de façon formelle, le gouvernement Harper n’avait aucune intention de divulguer les termes de cette entente.


       Alors pourquoi un gouvernement qui avait promis de multiplier agressivement les accords de libre-échange avec le monde veut maintenant cacher ce traité à la population? Selon les opposants du TPP, Stephen Harper essaye de passer cette entente sous le silence, car il a peur qu’elle sème la controverse. Plusieurs aspects de nos vies pourraient en être affectés, allant des règles de téléchargement Internet jusqu’à la manière dont nos aliments sont produits.

       Cet accord, entre autres, pourrait criminaliser les téléchargements illégaux à petite échelle. Présentement, les contrevenants peuvent recevoir une amende allant jusqu’à 5000 dollars si le téléchargement est à des fins non commerciales, mais le TPP pourrait forcer le Canada à instituer des peines criminelles selon plusieurs groupes de protection du consommateur.

       L’Article 16 d’un document divulgué par la TPP contraint également un pays à créer des conséquences juridiques pour les fournisseurs Internet, les rendant responsables si un usager télécharge du contenu privé en utilisant leur service. Cette mesure ferait, conséquemment, augmenter la surveillance de nos habitudes sur Internet.

       De plus, même la facture à l’épicerie pourrait être affectée par cet accord. En effet, le TPP avait choisi d’exclure le Canada des négociations en premier lieu à cause de son système de gestion des approvisionnements. Ce système assure un contrôle sur le prix de certains aliments fondamentaux comme le lait et les œufs. Une entente avec le TPP voudrait dire que le Canada est prêt à abandonner ce système. Et bien que beaucoup de Canadiens pensent que libérer le marché égalerait à des prix plus bas, les partisans du système en place disent qu’il n’y a aucune raison de penser que les prix iraient en diminuant et que le marché ne serait que plus difficile pour les agriculteurs locaux.
     
       Bref, une entente avec le TPP veut dire moins de libertés individuelles pour tous les Canadiens. En plus de rendre le marché encore moins stable pour les entreprises locales. Le fait qu’on garde ces informations secrètes du public est, selon plusieurs, inacceptable. On dirait, une fois de plus, que Stephen Harper tente d’américaniser le Canada en acceptant des mesures drastiques en faveur des grandes entreprises.

jeudi 13 juin 2013

La politique moderne: #2: la démocratie, ou fabrication du consentement public, par Tristan Tremblay

   Le mot démocratie, traduit directement du grec ancien, signifie « souveraineté du peuple ». Pour le célèbre Abraham Lincoln, président des États-Unis, c’est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». En effet, par opposition aux systèmes monarchistes ou aux dictatures, il s’agit d’un système ou les citoyens votent pour des représentants qui voteront ensuite les lois du pays.

     Mais en est-il réellement ainsi?

   Pour le citoyen moyen, nous vivons dans une période de libertés individuelles et collectives, et le système présent est probablement le meilleur jamais conçu par l’humanité. Ces opinions qui sont majoritaires dans la société d’aujourd’hui découlent d’un insidieux contrôle de la presse par les élus, ou plutôt par une minorité opulente qui contrôle elle-même nos institutions soi-disant démocratiques. Ces « sorciers du monde entier, chefs de gouvernement et responsables de grandes sociétés, ministres d’État et hommes de Dieu, experts et politiciens » pour citer la presse américaine, tirent en fait les ficelles d’une dictature économique inconcevable. Ces mêmes bourgeois qui ont mené les grandes révolutions contre la monarchie ont érigé un monde à leur image, contrôlant l’opinion publique des masses par une propagande impeccable. Les compagnies qui financent les partis politiques se sont faites maîtres des médias de masse qui informent la population. Ainsi, les grands de l’économie de marché contrôlent à la fois l’opinion publique et les gouvernements. Ce n’est donc pas le peuple qui décide des lois, et pas non plus les élus. Les multinationales contrôlent tout; du système de justice aux politiques internationales des différents États. Et les exemples ne manquent pas; il y en a une infinité! La démocratie, qui au départ était un idéal politique ou le peuple avait le choix de son avenir est devenue une corporatocracie, ou dictature des marchés financiers. Les dirigeants politiques, particulièrement aux États-Unis (et par extension au Canada), savent très bien ce qu’ils ont à perdre.

    Les élus sont le plus souvent issus de la classe aisée, et aussitôt qu’un régime démocratique veut enlever les privilèges des riches et ainsi améliorer les conditions de vie des pauvres, il est renversé par un coup d’État, et quelques années plus tard, on apprend que ce putsch a été commandité par la CIA. C’est arrivé en Bolivie, au Brésil, au Chili, en Colombie et dans d’innombrables autres pays d’Amérique du Sud et du monde entier. En effet : les riches contrôlent les compagnies. Et les compagnies sont nécessaires à l’hégémonie économique que les Américains ont sur le monde. Citons donc un des pères fondateurs des États-Unis, pays démocratique par excellence : « Quand je parle du public, j’entends sa partie rationnelle. L’ignorant et le vulgaire sont aussi peu qualifiés pour juger des modes de gouvernements qu’incapables d’en tenir les rênes. »

    James Madison, quatrième président des États-Unis, nous dit que si les élections « étaient ouvertes à toutes les classes du peuple, les droits des propriétaires terriens ne seraient pas en sécurité et une loi agraire ne tarderait pas à être votée ». Une loi agraire, c’est une loi qui divise également les terres du pays entre ses concitoyens. Le système démocratique devait donc être conçu afin « d’assurer les intérêts permanents du pays », donc d’assurer les intérêts de la minorité opulente qui le gouverne. 

    En d’autres mots, non seulement les travailleurs qui vont voter aux quatre ans n’ont aucun pouvoir, mais ils n’ont droit ni à une éducation ni à un niveau de vie similaire à la minorité gouvernante. Edward Barneys, grande figure du secteur des relations publiques américaines, dit que « la manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions des masses est un élément important dans une société démocratique » et que « les minorités intelligentes doivent faire un usage continuel et systématique de la propagande, car elles seules comprennent les processus mentaux et les habitudes sociales des masses, et peuvent tirer les ficelles qui contrôlent l’opinion publique. »

     Et il en va de même pour le Canada et le Québec. Peu importe où nos votes vont, les élus n’ont que très peu de pouvoir face aux multinationales et à la machine de propagande de l’élite de notre société. La démocratie telle que définie par le dictionnaire n’a donc jamais existé. Faut-il en conclure qu’il est impossible d’atteindre le stade d’État par voie démocratique?

dimanche 9 juin 2013

La politique moderne: #1: le capitalisme, ou paradis des entreprises, par Tristan Tremblay

Cet article est le premier d’une série de 5 articles destinés à expliquer les fondements nébuleux de la politique moderne. À lire pour tout ceux qui s’y intéressent, mais ne savent pas ou commencer pour mieux la comprendre.


       L’Académie française nous dit que le capitalisme est un « régime économique dans lequel les moyens de production sont propriété privée ». En termes plus simples, cela signifie que les sources d’argent dans une société (que ce soit les ressources, les entreprises, les divertissements, les services sociaux ou autres) appartiennent et sont contrôlés majoritairement par des individus (ou des groupes d’individus). Ces personnes, qui possèdent la majorité de l’argent en circulation dans un pays donné, deviennent les principaux acteurs de la scène publique et du gouvernement de cet état. La plupart des pays occidentaux ont adopté le capitalisme comme modèle pour leur système économique et politique. Doublé de l’idéal démocratique, il est apparu évident que ce système est celui qui favorisait le plus le développement économique d’un pays. Par contre, les sociétés capitalistes ont toujours la liberté individuelle comme première valeur sociale, ce qui entraîne des débordements incontrôlables dans l’abus des travailleurs, la propagande et le monopole économique. La primauté de la liberté individuelle sur tout autre principe entraîne une dégradation impressionnante des libertés nationales et collectives. On laisse les citoyens faire et dire ce qu’ils veulent (trop souvent n’importe quoi) et au bout d’un moment on voit apparaître des inégalités marquées ainsi que des non-sens politiques, sociaux et culturels (ouvrez le Journal de Québec ou de Montréal et vous verrez!).

       Ce système politique, qui est toujours en vigueur au Canada, aux États-Unis, en Europe et dans la majorité des pays à travers le monde nous vient d’une période critique de l’histoire de la civilisation : la découverte des Amériques. En effet, cette période qui a facilité les échanges économiques a permis à certaines entreprises de devenir les premières multinationales, préparant ainsi le monde à l’ère du capital. Quelques centaines d’années plus tard a eu lieu la révolution industrielle, qui catalysera le phénomène en amenant des sommes d’argent faramineuses dans les mains des propriétaires d’entreprises. Cela entraînera un appauvrissement des pays en voie de développement au profit d'un enrichissement marqué des superpuissances capitalistes.


       « Capitalisme », c’est avant tout un mot utilisé par les politologues pour définir un groupe de concepts qui mènent notre société. Premièrement, la recherche du profit. Dans une société capitaliste, les gens cherchent à s’enrichir afin de connaître une vie plus luxueuse et d’avoir plus de pouvoir sur la suite des choses. Ensuite, l’accumulation du capital. En d’autres termes, les capitalistes désirent posséder le plus de biens matériels monnayables possible, pour encore une fois accroître richesse et influence à la fois. Troisièmement, le capitalisme amène une dissociation du capital (le matériel utilisé pour produire des biens ou des services qui rapportent ensuite de l’argent) du travail individuel. Dans un tel système, les gens travaillent pour des compagnies qui possèdent leur lieu de travail, leur matériel, etc. Ces compagnies vendent le résultat et c’est une minorité de personnes qui font le profit final. Pour justifier le travail des ouvriers (tous ceux qui travaillent et qui ne sont pas dans des postes de décision au sein de leur entreprise), le capitalisme entraîne le salariat. Alors les gens travaillent toutes leurs vies pour obtenir de l'argent, monnaie qui leur permet ensuite de mener leur vie de façon plus ou moins confortable. Mais le travail n’est pas rémunéré également, et pas non plus selon l’effort. Par exemple, des gens sans éducation et qui n’apportent pas grand-chose à la société peuvent devenir riches à la bourse, dans le domaine de l’immobilier ou via la fondation d’entreprises. D’autres, ayant des études très utiles, ne sont pas engagés, car leur travail n’est pas très profitable aux dirigeants des entreprises qui dirigent notre société. Enfin, la société capitaliste prévoit la régulation par le marché. Si le système  est défaillant, il faut augmenter ou diminuer la masse salariale, couper des postes où en créer, créer de nouveaux produits, et tout ira bien. Tous ces produits, ces logos, constituent une culture inventée qui remplace notre patrimoine historique. La société est donc ancrée profondément dans le trou sans fin des financiers et spéculateurs diverses. Si les bourses chutent, l'argent vaux moins cher et la qualité de vie des citoyens baisse, même si cela n'est dû qu'à une variation théorique de chiffres qui n'affectent que l'argent des plus fortunés.

               Ce système, pour pouvoir être accepté du peuple, s’est historiquement caché sous le manteau de la démocratie. Comment un système pourrait-il abuser de son peuple s’il est mis en place et défait par cette même population? En fait, la vraie démocratie n’est pas possible au temps de l’information. La propagande, plus accessible à ceux qui possèdent du capital monétaire, influence de façon non négligeable le résultat des élections, ce qui les rend illégitimes. Ce sera le sujet du prochain article de la série.