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lundi 23 septembre 2013

Rentrée parlementaire à Québec, par Tristan Tremblay

     Il y à maintenant presque une semaine (mardi dernier) s'est ouverte la session d'automne au parlement de Québec. Comme vous le savez, c'est à cette date prédéfinie que les députés ont réintégré l'assemblée nationale et ouvert cette nouvelle session parlementaire. En tant qu'organe informatif du Mouvement de Défense du Québec (MDQ), c’est précisément la mission de l'Activiste.Qc de suivre et de décortiquer pour vous les propos de nos élus, ainsi de mieux cerner les enjeux qui en découlent. Après avoir suivi toute la semaine le cirque qu'est en fait notre chambre représentative, voici mon résumé des principaux enjeux de cet automne.

     L'économie apparaît comme étant un sujet clé pour les principaux partis d'opposition, qui essayent de forcer le thème dans les discussions en accusant le Parti Québécois de mal gérer les finances publiques. Par contre, il est important de noter que les performances économiques québécoises, spécialement en gain d'emplois, sont supérieures au estimation du précédent gouvernement libéral, établi par ceux la mêmes qui critiquent aujourd'hui le PQ. Il faut tout de même admettre que plusieurs revers économiques ont été enregistrés par le parti au pouvoir depuis son élection, le 4 septembre dernier. L'équipe économique du PQ n'étant pas à son apogée, il reste très intéressant de suivre cet enjeu.

     Ensuite, il y à bien sûr la collusion et la corruption, qui font rage depuis des années aux gouvernements fédéraux, provinciaux et municipaux. Comme la commission Charbonneau n'est toujours pas fini, il y à toujours l'éventualité bien présente que l'un de nos élus sombre dans le trou politique qu'est ce scandale. C'est le cas de Philippe Couillard, chef du Parti Libéral du Québec, qui a eu cet été une jolie visite de l'Unité Permanente Anti-Corruption (UPAC). Côté transparence, le PLQ a encore du chemin à faire, visiblement.

    Et finalement, l'enjeu dont nos médias démagogues raffolent présentement, c'est bien sûr la Charte des Valeurs Québécoises, présentée par le PQ juste avant la rentrée. La laïcité de l'État est vue d'un bon œil par une majorité de Québécois, mais la façon dont le PQ essaie de l'appliquer laisse définitivement  à désirer.  Nous, au MDQ, croyons fermement en l'importance d'un État laïc, mais définitivement pas en l'électoralisme dont le PQ fait preuve en présentant cette politique. Le deuxième parti d'opposition, la Coalition Avenir Québec (CAQ), semble partager les politiques du PQ à cet égard, sans toutefois en assumer l'intégralité. 

C'est donc tout pour cette semaine, j'espère que cela à pu vous éclairer et nous serons de retour plusieurs fois durant cette session parlementaire pour vous informer des différents sujets d'actualité qui y sont discutés!

lundi 19 août 2013

La politique moderne #3: L'éveil politique, par Tristan Tremblay


     L'époque dans laquelle nous vivons actuellement à amené son lot de changements sur le plan politique, et cela n'exclut définitivement pas le Québec. En à peine un demi siècle, nous sommes passés de l'obscurantisme catholique et de la tyrannie britannique et canadienne à un État social-démocrate et une société dite «libre».

     Mais à quoi peut bien nous servir tout ça? Ces beaux principes de démocratie, trop souvent bafoués, sont, en théorie, excellents vis-à-vis la population. À priori, il s'agit probablement du meilleur système que l'homme a conçu. En réalité les choses vont autrement. Ces principes ne peuvent pas être appliqués si le peuple ne vote pas, ou s'il n'a pas l'information et l'éducation nécessaire pour le faire. 

     Dans une démocratie fonctionnelle, il faut tout d'abord plusieurs partis avec des idées différentes et des budgets électoraux similaires. Le temps nous montre bien que le bipartisme n'est qu'une illusion du choix. On nous présente deux alternatives, et les partis plus petits n'ont pas la même médiatisation, ce qui les empêche bien sûr d'être élus. Le bipartisme est un sophisme grotesque qui doit à tout prix être évité. Ensuite, il faut une information neutre et une population votante assez éduquée pour comprendre les enjeux et s'en faire une idée à partir de débats sains et équilibrés. Finalement, il faut éviter toute influence corporative ou financière au sein même des partis. 


     Dans le Québec d'aujourd'hui, des médias populistes et démagogues ou règnent la peur et la désinformation sont les principales sources de nouvelles pour la population. Les radios poubelles leur emboîtent le pas, des animateurs n'ayant à peu près aucune connaissance en politique discutant ouvertement de société, de religion et d'autres sujets sensibles, pendant qu'une partie non négligeable de la population votante écoute et applaudit. Des médias diffamatoires, combinés à une propagande économique de découragement qui sévit depuis l’avènement du néolibéralisme créent une société stigmatisée, mal informée et inapte à voter. Ajoutons à cela tous les intérêts financiers qui possèdent à eux seul l'ensemble de nos partis politiques, tels des actionnaires, et nous obtenons une démocratie parfaitement dysfonctionnelle. Une dystopie cauchemardesque... 


     En d'autres termes, pour qu'on puisse adéquatement appeler notre système «démocratie»  il faudrait que chaque vote soit informé de façon neutre sur une majorité d'enjeux et également réparti entre les multiples choix qui s'offrent à lui. Les gens qui sont (disons le ainsi) ''endormis'' politiquement ne peuvent avoir d'opinion que sur certains enjeux bien précis qui les touchent dans leur vies quotidiennes. Ils ne peuvent pas se figurer l'ensemble complexe de l'échiquier politique, ne se prononçant que sur ce qui les affecte directement. Ces gens plombent la démocratie, la rendant inexacte et inefficace.

     C'est pourquoi il ne faut pas minimiser l'importance du débat politique dans notre société. Les gens ont tendance à trouver ça ennuyeux, voire inutile, quand au fond cela les touche plus qu'ils ne peuvent se le figurer. Si une plus grande partie de la population s'y intéressait, les résultats d'élections seraient, à mes yeux, doublement valables. Si donc, un peu comme nous, vous en avez assez de la lourdeur bureaucratique de la démocratie néolibérale qu'on endure, ce n'est pas une dictature qu'il vous faut, mais une population votante éduquée et correctement informée dans un Québec souverain et libre des restrictions d'une vulgaire province.

jeudi 15 août 2013

Réjean Hébert, ministre de la Privatisation, par Tristan Tremblay

     Encore une fois, le PQ reviens sur ses engagements. Figurez-vous donc que notre ministre de la Santé et des Services Sociaux, Réjean Hébert, à prix la fâcheuse décision de renoncer à la gratuité des nouveaux actes médicaux accordés aux pharmaciens. Considérant que la gratuité des services médicaux à l'ensemble de la population est un choix que la société québécoise à fait il y a déjà plus d'un demi siècle, il s'agit d'une nouvelle scandaleuse pour la démocratie québécoise.

     En effet, cela signifie que seulement 40% des Québécois seront remboursés lorsqu'ils auront recours a certains nouveaux services en pharmacie. Cela n'a pas sa place dans un état où tous doivent être soignés gratuitement, du sans-abri au Premier ministre, en passant par toutes les strates de la société. Une telle privatisation, même si elle ne vise qu'une infime partie des services offerts, est répugnante, car cela permettra une fois de plus à ceux qui en ont les moyens d'être soignés avant tout le monde. Par dessus tout ça, les médecins sont maintenant en négociation avec les pharmaciens pour se séparer équitablement l'argent ainsi amassé, eux qui sont déjà parmi les mieux payés de notre société. Personne, ni le gouvernement, ni les médecins, ne pensent aux patients à un point ou un autre de cette démarche. À quand un vrai service gratuit et universel, sans frais cachés ni cliniques privées pour les patrons?

dimanche 7 juillet 2013

Révoltes et conflits internationaux #1 : La Turquie d’Erdogan, par Colombe Claveau

      Le parti islamiste pour la justice et le développement (AKP) du premier ministre Recep Tayyip Erdogan gouverne la Turquie depuis sa première élection en 2002. Il a remporté à trois reprises les élections turques; celles de 2002, de 2007 et de 2011 avec une confortable avance. Sous son mandat, l’économie de la Turquie a récupéré de
la récession financière et de la crise de 2001 grâce, entre autres, à un boom de la construction. Depuis qu’il est à la tête du pouvoir, et particulièrement depuis 2011, il instaure peu à peu et avec une omniprésence marquée un programme islamiste, après avoir préalablement affaibli l’influence laïque de l’armée turque. Erdogan a également mis en place une série de restrictions sur les droits de l’homme, notamment en ce qui a trait à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, malgré les améliorations en ce qui concerne le processus d’adhésion à l’Union européenne. En effet, depuis 2011 l’AKP a considérablement réduit la liberté d’expression, la liberté de la presse, l’utilisation d’Internet, le droit à la commercialisation de l’alcool, le droit à l’avortement, le contenu télévisuel, ainsi que la liberté de réunion. La position du gouvernement sur la guerre civile en Syrie est une autre cause de la tension sociale dans le pays. L’AKP a aussi développé des liens avec les groupes de médias turcs, afin d’en profiter pour utiliser des mesures légales et administratives (incluant, dans le cas de la Holding Dogan [compagnie turque opérant dans plusieurs domaines allant de l’énergie au commerce et au tourisme] une taxe de 2,5 milliards de dollars) contre les groupes de médias critiques et les journalistes critiques : au cours de la dernière décennie, l’AKP a construit une coalition informelle et puissante, d’hommes d’affaires affiliés au parti et de médias dont la subsistance dépend de l’ordre politique que M. Erdogan est en train de construire. Ceux qui résistent le font à leurs propres risques. « Silence des médias sur les tentes qui brûlent, les gaz lacrymogènes envoyés par la police, l’humiliation des canons à eau… Le jour où cette violence de la police éclate, les chaines d’informations diffusent des documentaires, des émissions de cuisine. » témoigne une journaliste de NTV.

      Le gouvernement est perçu comme de plus en plus islamiste et autoritaire, et il ne s’en cache pas. En 2012, le parlement a voté une réforme de l’éducation qui consistait à renforcer les enseignements islamiques dans les écoles publiques primaires ainsi que dans les collèges et les lycées. Le premier ministre se défend en expliquant qu’il voulait élever une génération pieuse. Certaines personnes ont même été emprisonnées pour blasphème! Sans oublier la décision politique de fermer le musée Sainte-Sophie d’Istanbul pour en faire une mosquée qui a suscité la controverse au sein des communautés progressistes (Mustafa Kemal Atatürk avait converti la mosquée Sainte Sophie pour en faire un musée en l'an 1934), alors que cette décision n’était pas soutenue par d’éminents leaders musulmans de Trabzon. Il est évident que les méthodes auxquelles à recours Erdogan ne sont ni adaptés à la société Turque actuelle, ni aux « six principes d’Atatürk » qui sont à la base de l’occidentalisation du pays.

      Le discours prononcé par Erdogan lors de la cérémonie d’inauguration du pont Yavuz Sultan Selim (dont le choix du nom avait été contesté par une grande partie la population) le 29 mai, fut fort révélateur de sa méthode pour contrer les personnes s’opposants à son projet de réaménagement : « Quoi que vous fassiez, nous avons pris notre décision et nous allons la mettre en œuvre », se référant à la décision du gouvernement d’abattre les arbres du parc Gezi de la place Taksim. Le premier ministre, au lieu de consulter le peuple dans le but de trouver une entente avec les contestataires a plutôt opté pour une répression brutale des manifestants. Son projet consistait à construire une réplique de la caserne militaire de l’époque ottomane, Taksim (qui avait été démolie en 1940) qui contiendrait un centre commercial. « Les manifestations sont un tournant pour l’AKP. Erdogan est un homme politique très confiant et très autoritaire, qui n’écoute plus personne. Mais il doit comprendre que la Turquie n’est pas un royaume, et qu’il ne peut pas s’imposer à lui tout seul, à Istanbul, depuis Ankara. » (Koray Çaliskan, politologue à l’Université du Bosphore d’Istanbul)

        Présentement, les manifestations sont incessantes en Turquie, et les gens réclament le départ de celui qu’ils nomment dictateur; Recep Tayyip Erdogan. Le premier ministre a entamé un projet qui consiste à raser le parc afin d’y faire construire un énorme centre commercial ainsi qu’une mosquée neuve. Pour une grande partie de la population, le fait que le projet a obtenu carte blanche sans consultation publique objective et sans tenir compte des lois en vigueur fut l'élément déclencher de leur protestations. Les manifestations s’entamèrent et prirent rapidement expansion. Jusque-là, elles étaient entièrement pacifiques et se déroulaient principalement dans le parc Gezi. Puis le premier ministre ordonna une répression violente de ses manifestations; il donna l'ordre qu’on fasse évacuer le parc de tous contestataires. Les forces de l’ordre utilisèrent des moyens drastiques afin de forcer les indignés à quitter le parc : canon à eau, gaz et grenades lacrymogènes et mêmes des tirs sur les manifestants, sans compter les coups de matraque et les violentes arrestations allant parfois jusqu’à causer de graves blessures aux manifestants (plusieurs ont perdu leurs yeux suites à une trop longue exposition aux gaz lacrymogènes). Ce mouvement d’indignation qui ne cesse de prendre de l’ampleur est d’autant plus révélateur que la solidarité qui se dégage des regroupements; les protestataires viennent d’horizons très variés, et les revendications sont nombreuses et diversifiées. On y retrouve des partisans de droite aussi bien que de gauche, des nationalistes turcs ainsi que des Kurdes. Durant les affrontements, on peut voir des jeunes revendiquant le retour de la laïcité, le corps couvert de tatouages venant en aide à des femmes voilées, victimes de gaz lacrymogènes. Les vidéos largement diffusés à travers les médias sociaux montrent la brutalité excessive des policiers, mais aussi les gestes de solidarité exemplaire qu’ont les manifestants les uns envers les autres. Ils se battent ensemble, côte à côte afin de renverser le dictateur corrompu. Les revendications des manifestants vont des préoccupations environnementales locales aux revendications des limitations de vente d’alcool, à l’interdiction de démontrer son affection à l’autre par des baisers dans les transports publics à Istanbul, à la guerre en Syrie, à l’islamisation de la Turquie par Erdogan, et surtout au départ du premier ministre.

      Pourtant, rien n’est vraiment venu à bout des manifestants qui continuent encore aujourd’hui à sortir dans
les rues pour revendiquer leurs droits. Au départ, les manifestants s’étaient emparés du parc Gezi et de la place Taksim puis des rues de la capitale. Maintenant les revendications sont nombreuses partout à travers le pays; Ankara, Bursa, Izmir, Adana, Mersin, Eskisehir, Samsun, Trabzon, Konya et Bodrum, plus d’une quarantaine de villes sont touchés. Il faut comprendre l’enjeu politique qui se joue en Turquie, car bien que les médias affirment qu’il ne s’agit que d’une histoire d’aménagement provoquant des indignés, cet évènement vient seulement concrétiser les craintes de la population. Le parc Gezi est un des derniers emplacements verts de la ville. En effet, depuis la prise du pouvoir par Erdogan en 2002, ce dernier tente par tous les moyens d’islamiser ce pays, pourtant reconnu pour sa laïcité et son droit à l’exemption de l’éducation religieuse dans les écoles. Depuis qu’il est au pouvoir, Recep Tayyip Erdogan a multiplié les réformes liberticides. Plusieurs de ses obligations briment les droits de la femme; l’avortement est considéré comme un crime pour Erdogan, l’exhortation faite aux femmes d’avoir au moins trois enfants et même le rouge à lèvres est interdit pour les hôtesses de l’air. Ce qui inquiète le plus; les dérives du gouvernement, surtout dans une Turquie qui est pourtant très attachée à sa laïcité. Les cours de religions auparavant interdits sont devenus obligatoires à l’école et le port du voile est maintenant autorisé à l’Université. Il est évident pour tous que sous l’emprise d’Erdogan, l’islamisation de la société est en marche. La Turquie est déchirée en deux : d’un côté les laïcs, et de l’autre les conservateurs et défenseurs du premier ministre. Dans certains quartiers pro-islamistes, son image est affichée partout, et certains l’acclament haut et fort. Pourtant, depuis environ deux ans un nombre inquiétant de journalistes se sont fait jeter en prison, les empêchant ainsi de diffuser actuellement via les médias traditionnels. Ils ont été menacés de différentes manières, la principale étant de couper leur financement, qui dépend beaucoup des financements publics. Une chose est sûre, les manifestations en Turquie ne laissent personne indifférent; à travers le monde, plusieurs s’accordent à dire qu’à partir du moment où les intellectuels et les journalistes sont emprisonnés, c’est un signe inquiétant qu’il y a un lourd problème dans le pays.

       En début juin, la 1re Cour administrative a fait annuler le projet d’aménagement urbain de la place Taksim en affirmant que la population locale n’avait pas été consultée pour ce projet. Le tribunal a expliqué son jugement par le fait que le plan du directeur du projet viole les règles de préservation en vigueur et l’identité de la place Taksim et du parc Gezi. Pourtant cette décision n’a été rendue publique que cette semaine, et fut accueillie comme une victoire par certains des opposants au projet qui désirent reprendre le contrôle de leur parc. Le premier ministre avait déclaré dans le plus fort de la crise, le 14 juin, que son gouvernement respecterait la décision finale de la justice et qu’il suspendait les travaux d’aménagement, « jusqu’à un jugement définitif », a-t-il précisé. Malgré cela, samedi le 6 juillet après une courte période de calme, quelque 10 000 manifestants se sont rejoint une fois encore sur la place Taksim pour réclamer la démission du premier ministre et afin de commémorer l’assaut de la police dans le parc Gezi de la semaine dernière. La police affirme que durant les trois premières semaines de juin plus de 2,5 millions de personnes sont descendues dans la rue. Selon l’association des médecins turcs, ces manifestations ont causé quatre morts et environ 8000 blessés. Aujourd’hui la répression de ce mouvement a valu à Ankara, et particulièrement au premier ministre Erdogan un grand nombre de critiques venant de partout à travers le monde. Un sondage mené par le cabinet privé KONDA sur un échantillon de 4411 manifestants, 50,9 % sont des femmes. Aussi, 35,6 % d’entre eux participent aux manifestations tous les jours, et 31 % affirment y faire acte de présence depuis le début des manifestations. Pour ce qui est des motifs qui les poussent à descendre dans la rue, 58,1 % dénoncent les atteintes à la liberté, 37,2 % s’opposent à l’AKP et à sa politique, 30,3 % y vont en réaction aux propos et déclarations de Recep Tayyip Erdogan, et 20,4 % y sont pour l’écologie. Bien entendu plusieurs sondages ont été faits dont les cas et les pourcentages divergents selon l’échantillon et la période durant lesquelles ils ont été effectués.


À lire aussi : http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/06/29/elisa-etudiante-francaise-detenue-quatorze-jours-en-turquie_3438757_3214.html

mercredi 26 juin 2013

L'accord secret de Stephen Harper, par Guillaume Campbell


       Des années de « lobbying » auront finalement payé pour le Canada. En effet, le gouvernement fédéral voulait depuis longtemps être admis au « Trans-Pacific Partnership » qui inclut désormais l’Australie, le Chili, le Mexique, La Nouvelle-Zélande, le Pérou, le Vietnam, les États-Unis, etc. Et pourtant, après avoir été accueilli de façon formelle, le gouvernement Harper n’avait aucune intention de divulguer les termes de cette entente.


       Alors pourquoi un gouvernement qui avait promis de multiplier agressivement les accords de libre-échange avec le monde veut maintenant cacher ce traité à la population? Selon les opposants du TPP, Stephen Harper essaye de passer cette entente sous le silence, car il a peur qu’elle sème la controverse. Plusieurs aspects de nos vies pourraient en être affectés, allant des règles de téléchargement Internet jusqu’à la manière dont nos aliments sont produits.

       Cet accord, entre autres, pourrait criminaliser les téléchargements illégaux à petite échelle. Présentement, les contrevenants peuvent recevoir une amende allant jusqu’à 5000 dollars si le téléchargement est à des fins non commerciales, mais le TPP pourrait forcer le Canada à instituer des peines criminelles selon plusieurs groupes de protection du consommateur.

       L’Article 16 d’un document divulgué par la TPP contraint également un pays à créer des conséquences juridiques pour les fournisseurs Internet, les rendant responsables si un usager télécharge du contenu privé en utilisant leur service. Cette mesure ferait, conséquemment, augmenter la surveillance de nos habitudes sur Internet.

       De plus, même la facture à l’épicerie pourrait être affectée par cet accord. En effet, le TPP avait choisi d’exclure le Canada des négociations en premier lieu à cause de son système de gestion des approvisionnements. Ce système assure un contrôle sur le prix de certains aliments fondamentaux comme le lait et les œufs. Une entente avec le TPP voudrait dire que le Canada est prêt à abandonner ce système. Et bien que beaucoup de Canadiens pensent que libérer le marché égalerait à des prix plus bas, les partisans du système en place disent qu’il n’y a aucune raison de penser que les prix iraient en diminuant et que le marché ne serait que plus difficile pour les agriculteurs locaux.
     
       Bref, une entente avec le TPP veut dire moins de libertés individuelles pour tous les Canadiens. En plus de rendre le marché encore moins stable pour les entreprises locales. Le fait qu’on garde ces informations secrètes du public est, selon plusieurs, inacceptable. On dirait, une fois de plus, que Stephen Harper tente d’américaniser le Canada en acceptant des mesures drastiques en faveur des grandes entreprises.

jeudi 13 juin 2013

La politique moderne: #2: la démocratie, ou fabrication du consentement public, par Tristan Tremblay

   Le mot démocratie, traduit directement du grec ancien, signifie « souveraineté du peuple ». Pour le célèbre Abraham Lincoln, président des États-Unis, c’est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». En effet, par opposition aux systèmes monarchistes ou aux dictatures, il s’agit d’un système ou les citoyens votent pour des représentants qui voteront ensuite les lois du pays.

     Mais en est-il réellement ainsi?

   Pour le citoyen moyen, nous vivons dans une période de libertés individuelles et collectives, et le système présent est probablement le meilleur jamais conçu par l’humanité. Ces opinions qui sont majoritaires dans la société d’aujourd’hui découlent d’un insidieux contrôle de la presse par les élus, ou plutôt par une minorité opulente qui contrôle elle-même nos institutions soi-disant démocratiques. Ces « sorciers du monde entier, chefs de gouvernement et responsables de grandes sociétés, ministres d’État et hommes de Dieu, experts et politiciens » pour citer la presse américaine, tirent en fait les ficelles d’une dictature économique inconcevable. Ces mêmes bourgeois qui ont mené les grandes révolutions contre la monarchie ont érigé un monde à leur image, contrôlant l’opinion publique des masses par une propagande impeccable. Les compagnies qui financent les partis politiques se sont faites maîtres des médias de masse qui informent la population. Ainsi, les grands de l’économie de marché contrôlent à la fois l’opinion publique et les gouvernements. Ce n’est donc pas le peuple qui décide des lois, et pas non plus les élus. Les multinationales contrôlent tout; du système de justice aux politiques internationales des différents États. Et les exemples ne manquent pas; il y en a une infinité! La démocratie, qui au départ était un idéal politique ou le peuple avait le choix de son avenir est devenue une corporatocracie, ou dictature des marchés financiers. Les dirigeants politiques, particulièrement aux États-Unis (et par extension au Canada), savent très bien ce qu’ils ont à perdre.

    Les élus sont le plus souvent issus de la classe aisée, et aussitôt qu’un régime démocratique veut enlever les privilèges des riches et ainsi améliorer les conditions de vie des pauvres, il est renversé par un coup d’État, et quelques années plus tard, on apprend que ce putsch a été commandité par la CIA. C’est arrivé en Bolivie, au Brésil, au Chili, en Colombie et dans d’innombrables autres pays d’Amérique du Sud et du monde entier. En effet : les riches contrôlent les compagnies. Et les compagnies sont nécessaires à l’hégémonie économique que les Américains ont sur le monde. Citons donc un des pères fondateurs des États-Unis, pays démocratique par excellence : « Quand je parle du public, j’entends sa partie rationnelle. L’ignorant et le vulgaire sont aussi peu qualifiés pour juger des modes de gouvernements qu’incapables d’en tenir les rênes. »

    James Madison, quatrième président des États-Unis, nous dit que si les élections « étaient ouvertes à toutes les classes du peuple, les droits des propriétaires terriens ne seraient pas en sécurité et une loi agraire ne tarderait pas à être votée ». Une loi agraire, c’est une loi qui divise également les terres du pays entre ses concitoyens. Le système démocratique devait donc être conçu afin « d’assurer les intérêts permanents du pays », donc d’assurer les intérêts de la minorité opulente qui le gouverne. 

    En d’autres mots, non seulement les travailleurs qui vont voter aux quatre ans n’ont aucun pouvoir, mais ils n’ont droit ni à une éducation ni à un niveau de vie similaire à la minorité gouvernante. Edward Barneys, grande figure du secteur des relations publiques américaines, dit que « la manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions des masses est un élément important dans une société démocratique » et que « les minorités intelligentes doivent faire un usage continuel et systématique de la propagande, car elles seules comprennent les processus mentaux et les habitudes sociales des masses, et peuvent tirer les ficelles qui contrôlent l’opinion publique. »

     Et il en va de même pour le Canada et le Québec. Peu importe où nos votes vont, les élus n’ont que très peu de pouvoir face aux multinationales et à la machine de propagande de l’élite de notre société. La démocratie telle que définie par le dictionnaire n’a donc jamais existé. Faut-il en conclure qu’il est impossible d’atteindre le stade d’État par voie démocratique?