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lundi 23 septembre 2013

Rentrée parlementaire à Québec, par Tristan Tremblay

     Il y à maintenant presque une semaine (mardi dernier) s'est ouverte la session d'automne au parlement de Québec. Comme vous le savez, c'est à cette date prédéfinie que les députés ont réintégré l'assemblée nationale et ouvert cette nouvelle session parlementaire. En tant qu'organe informatif du Mouvement de Défense du Québec (MDQ), c’est précisément la mission de l'Activiste.Qc de suivre et de décortiquer pour vous les propos de nos élus, ainsi de mieux cerner les enjeux qui en découlent. Après avoir suivi toute la semaine le cirque qu'est en fait notre chambre représentative, voici mon résumé des principaux enjeux de cet automne.

     L'économie apparaît comme étant un sujet clé pour les principaux partis d'opposition, qui essayent de forcer le thème dans les discussions en accusant le Parti Québécois de mal gérer les finances publiques. Par contre, il est important de noter que les performances économiques québécoises, spécialement en gain d'emplois, sont supérieures au estimation du précédent gouvernement libéral, établi par ceux la mêmes qui critiquent aujourd'hui le PQ. Il faut tout de même admettre que plusieurs revers économiques ont été enregistrés par le parti au pouvoir depuis son élection, le 4 septembre dernier. L'équipe économique du PQ n'étant pas à son apogée, il reste très intéressant de suivre cet enjeu.

     Ensuite, il y à bien sûr la collusion et la corruption, qui font rage depuis des années aux gouvernements fédéraux, provinciaux et municipaux. Comme la commission Charbonneau n'est toujours pas fini, il y à toujours l'éventualité bien présente que l'un de nos élus sombre dans le trou politique qu'est ce scandale. C'est le cas de Philippe Couillard, chef du Parti Libéral du Québec, qui a eu cet été une jolie visite de l'Unité Permanente Anti-Corruption (UPAC). Côté transparence, le PLQ a encore du chemin à faire, visiblement.

    Et finalement, l'enjeu dont nos médias démagogues raffolent présentement, c'est bien sûr la Charte des Valeurs Québécoises, présentée par le PQ juste avant la rentrée. La laïcité de l'État est vue d'un bon œil par une majorité de Québécois, mais la façon dont le PQ essaie de l'appliquer laisse définitivement  à désirer.  Nous, au MDQ, croyons fermement en l'importance d'un État laïc, mais définitivement pas en l'électoralisme dont le PQ fait preuve en présentant cette politique. Le deuxième parti d'opposition, la Coalition Avenir Québec (CAQ), semble partager les politiques du PQ à cet égard, sans toutefois en assumer l'intégralité. 

C'est donc tout pour cette semaine, j'espère que cela à pu vous éclairer et nous serons de retour plusieurs fois durant cette session parlementaire pour vous informer des différents sujets d'actualité qui y sont discutés!

mercredi 4 septembre 2013

La culture de la honte au Québec, par Tristan Tremblay


      De l'époque sombre où Maurice Duplessis gouvernait le Québec, il ne reste plus grand chose aujourd'hui. La révolution tranquille a balayé l'obscurantisme catholique des décennies précédentes. À priori, il s'agit de propos fondés et vérifiables, mais il persiste malheureusement certaines valeurs typiquement catholiques dans la population. Ce dont je veux précisément parler, c'est le sentiment judéo-chrétien de culpabilité qui à marqué et tristement fait encore aujourd'hui partie intégrante de la culture québécoise.

         En effet, l'infime partie des masses qui daigne s'intéresser à l'histoire de notre patrie continue encore et toujours a considérer notre peuple comme responsable des événements les plus sombres de son histoire, et ce, de la défaite de 1759 à la crise d'octobre, en passant bien sur par le massacre des patriotes de 1839. Regardez, par opposition, nos voisins américains. Ceux-ci se sont hissés au rang de puissance mondiale, et avec raison; ils se sont révoltés contre leurs geôliers britanniques et vénèrent avec une ferveur quasi-religieuse leur passé révolutionnaire. Les vainqueurs écrivent l'histoire... 

      Ici, les patriotes ont été oubliés par le peuple qu'ils sont morts pour protéger, par la patrie pour laquelle ils ont donné leurs vies. La fête commémorative des événements de 1839 est vue comme un simple férié par la populace ingrate, et les héros nationaux qui se sont battus pour notre pays dans les années 60 et 70 sont régulièrement qualifiés de terroristes, tant par les médias que par nos deux paliers de gouvernement, et ce même par une majorité de souverainistes sans colonne vertébrale.

     Au final, un amateur d'histoire averti peut facilement faire le calcul. La plupart des nations occidentales dites «libres» et «démocratiques» ont acquis leur indépendance par une révolte tristement sanglante, mais tout de même essentielle. Ici, on abhorre ceux-là même qui auraient pu nous accorder notre souveraineté. Il est tout de même amusant de penser que selon les critères internationaux qui sont en vigueur depuis l'installation de l'hégémonie politique américaine, les révolutionnaires américains auraient été classés «organisation terroriste». Bien qu'aujourd'hui la voie non-violente s'impose et que nous préférons une résolution pacifique au conflit entre les deux nations qui forment le Canada, il est important de réhabiliter ces héros qui, souvenons nous, étaient prêts à mourir pour l'établissement d'un État québécois libre et souverain de son territoire. Malheureusement, pour l'instant les québécois ont honte de leurs héros nationaux. Il est grand temps de ramener l'attention du public sur nos valeureux patriotes, tant ceux de 1839 et de 1970 que ceux encore à venir...

lundi 19 août 2013

La politique moderne #3: L'éveil politique, par Tristan Tremblay


     L'époque dans laquelle nous vivons actuellement à amené son lot de changements sur le plan politique, et cela n'exclut définitivement pas le Québec. En à peine un demi siècle, nous sommes passés de l'obscurantisme catholique et de la tyrannie britannique et canadienne à un État social-démocrate et une société dite «libre».

     Mais à quoi peut bien nous servir tout ça? Ces beaux principes de démocratie, trop souvent bafoués, sont, en théorie, excellents vis-à-vis la population. À priori, il s'agit probablement du meilleur système que l'homme a conçu. En réalité les choses vont autrement. Ces principes ne peuvent pas être appliqués si le peuple ne vote pas, ou s'il n'a pas l'information et l'éducation nécessaire pour le faire. 

     Dans une démocratie fonctionnelle, il faut tout d'abord plusieurs partis avec des idées différentes et des budgets électoraux similaires. Le temps nous montre bien que le bipartisme n'est qu'une illusion du choix. On nous présente deux alternatives, et les partis plus petits n'ont pas la même médiatisation, ce qui les empêche bien sûr d'être élus. Le bipartisme est un sophisme grotesque qui doit à tout prix être évité. Ensuite, il faut une information neutre et une population votante assez éduquée pour comprendre les enjeux et s'en faire une idée à partir de débats sains et équilibrés. Finalement, il faut éviter toute influence corporative ou financière au sein même des partis. 


     Dans le Québec d'aujourd'hui, des médias populistes et démagogues ou règnent la peur et la désinformation sont les principales sources de nouvelles pour la population. Les radios poubelles leur emboîtent le pas, des animateurs n'ayant à peu près aucune connaissance en politique discutant ouvertement de société, de religion et d'autres sujets sensibles, pendant qu'une partie non négligeable de la population votante écoute et applaudit. Des médias diffamatoires, combinés à une propagande économique de découragement qui sévit depuis l’avènement du néolibéralisme créent une société stigmatisée, mal informée et inapte à voter. Ajoutons à cela tous les intérêts financiers qui possèdent à eux seul l'ensemble de nos partis politiques, tels des actionnaires, et nous obtenons une démocratie parfaitement dysfonctionnelle. Une dystopie cauchemardesque... 


     En d'autres termes, pour qu'on puisse adéquatement appeler notre système «démocratie»  il faudrait que chaque vote soit informé de façon neutre sur une majorité d'enjeux et également réparti entre les multiples choix qui s'offrent à lui. Les gens qui sont (disons le ainsi) ''endormis'' politiquement ne peuvent avoir d'opinion que sur certains enjeux bien précis qui les touchent dans leur vies quotidiennes. Ils ne peuvent pas se figurer l'ensemble complexe de l'échiquier politique, ne se prononçant que sur ce qui les affecte directement. Ces gens plombent la démocratie, la rendant inexacte et inefficace.

     C'est pourquoi il ne faut pas minimiser l'importance du débat politique dans notre société. Les gens ont tendance à trouver ça ennuyeux, voire inutile, quand au fond cela les touche plus qu'ils ne peuvent se le figurer. Si une plus grande partie de la population s'y intéressait, les résultats d'élections seraient, à mes yeux, doublement valables. Si donc, un peu comme nous, vous en avez assez de la lourdeur bureaucratique de la démocratie néolibérale qu'on endure, ce n'est pas une dictature qu'il vous faut, mais une population votante éduquée et correctement informée dans un Québec souverain et libre des restrictions d'une vulgaire province.

mercredi 26 juin 2013

L'accord secret de Stephen Harper, par Guillaume Campbell


       Des années de « lobbying » auront finalement payé pour le Canada. En effet, le gouvernement fédéral voulait depuis longtemps être admis au « Trans-Pacific Partnership » qui inclut désormais l’Australie, le Chili, le Mexique, La Nouvelle-Zélande, le Pérou, le Vietnam, les États-Unis, etc. Et pourtant, après avoir été accueilli de façon formelle, le gouvernement Harper n’avait aucune intention de divulguer les termes de cette entente.


       Alors pourquoi un gouvernement qui avait promis de multiplier agressivement les accords de libre-échange avec le monde veut maintenant cacher ce traité à la population? Selon les opposants du TPP, Stephen Harper essaye de passer cette entente sous le silence, car il a peur qu’elle sème la controverse. Plusieurs aspects de nos vies pourraient en être affectés, allant des règles de téléchargement Internet jusqu’à la manière dont nos aliments sont produits.

       Cet accord, entre autres, pourrait criminaliser les téléchargements illégaux à petite échelle. Présentement, les contrevenants peuvent recevoir une amende allant jusqu’à 5000 dollars si le téléchargement est à des fins non commerciales, mais le TPP pourrait forcer le Canada à instituer des peines criminelles selon plusieurs groupes de protection du consommateur.

       L’Article 16 d’un document divulgué par la TPP contraint également un pays à créer des conséquences juridiques pour les fournisseurs Internet, les rendant responsables si un usager télécharge du contenu privé en utilisant leur service. Cette mesure ferait, conséquemment, augmenter la surveillance de nos habitudes sur Internet.

       De plus, même la facture à l’épicerie pourrait être affectée par cet accord. En effet, le TPP avait choisi d’exclure le Canada des négociations en premier lieu à cause de son système de gestion des approvisionnements. Ce système assure un contrôle sur le prix de certains aliments fondamentaux comme le lait et les œufs. Une entente avec le TPP voudrait dire que le Canada est prêt à abandonner ce système. Et bien que beaucoup de Canadiens pensent que libérer le marché égalerait à des prix plus bas, les partisans du système en place disent qu’il n’y a aucune raison de penser que les prix iraient en diminuant et que le marché ne serait que plus difficile pour les agriculteurs locaux.
     
       Bref, une entente avec le TPP veut dire moins de libertés individuelles pour tous les Canadiens. En plus de rendre le marché encore moins stable pour les entreprises locales. Le fait qu’on garde ces informations secrètes du public est, selon plusieurs, inacceptable. On dirait, une fois de plus, que Stephen Harper tente d’américaniser le Canada en acceptant des mesures drastiques en faveur des grandes entreprises.

lundi 10 juin 2013

Réaction instantanée à l'annonce d'une porte sainte à Québec, par Tristan Trembay

      En ce matin du lundi 10 juin 2013, le quotidien Le Soleil nous apprend sur sa première page que le Vatican accorde un « privilège exceptionnel » à la paroisse de Québec pour son 350e anniversaire. En effet, en réponse à la demande du diocèse, le Vatican donne à la ville la permission d’héberger une porte sainte. Pour les chrétiens, c’est un symbole très fort. Ils pourront venir en pèlerinage à celle de Québec, qui sera percée a même la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Selon les informations du journal, il est même possible « d’espérer » que le pape vienne l’inaugurer en personne.

       Je ne sais pas pour vous, mais il m’apparaît tout à fait absurde de consacrer à la religion chrétienne une importance si marquée dans les médias. Surtout en 2013. Les autres nouvelles ayant été reléguées au second plan, on comprend clairement l’esprit conformiste qui règne aux bureaux de nos médias. Une religion qui en 2013 condamne toujours les moyens contraceptifs, le condom et autres besoins nécessaires au développement humain, qui oppresse la planète presque entière depuis 2000 ans, et pourtant on en remet encore.

  
L’archevêque de Québec, Mgr Gérald-Cyprien Lacroix
        Le Soleil nous dit que la porte sera « Un lieu de pèlerinage quand elle est ouverte, et un objet d’adoration quand elle est fermée ». L’église chrétienne n’en ouvre qu’une à tous les 25 ans. Ces portes sont percées a même le mur d’une église, et la première date de 1423. Vénérer un morceau de bois servant à passer d’une pièce à une autre? Eh oui... Jésus aurait supposément dit « Nul ne va au Père sans passer par moi. » Le Christ est la porte. Mais quelle connerie humaine. Avoir un symbole mondial de l’une des religions les plus rétrogrades du monde dans notre ville, c’est non seulement une honte, mais c’est aussi choquant. Pourquoi continuer de révérer notre patrimoine religieux s’il est sombre? L’existence même de congrégations religieuses en 2013 me trouble. Espérons que le siècle à venir apportera des législations contre la religion organisée au Québec et un peu partout dans le monde.

lundi 3 juin 2013

Québecor Média, ou le monopole de la propagande au Québec, par Colombe Claveau

      « La propagande est à la démocratie ce que la matraque est pour l’état totalitaire. » — Noam Chomsky, Propagande, médias et démocratie.

        De tous les temps que nous avons traversé, nous sommes présentement dans la période où l'information aura été le plus accessible aux populations. Nous pouvons voir en direct des conflits se déroulant sur n’importe quel continent, des débats politiques, des reportages sur la guerre, sur l’histoire et sur à peu près n’importe quoi. Bref, nous n’avons qu’à ouvrir notre télévision ou notre ordinateur afin de bénéficier de toute cette technologie informative et d’enrichir nos connaissances. Malgré tout le potentiel informatif des médias, ne vous a-t-on jamais dit de vous méfier de ce qu’on entend à la radio ou à la télévision? Ne trouvez-vous pas que les médias exagèrent parfois, ou omettent volontairement des faits afin d'orienter notre opinion dans un sens particulier? Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les États-Unis ne sont pas le seul État soi-disant moderne où les médias servent d’objet de propagande et de forgeurs d’opinions biaisées. En effet, les médias ne sont utilisés qu'à fin de propagande partout à travers le monde. La problématique majeure en ce qui concerne les médias au Québec est qu’ils sont trop souvent contrôlés par les mêmes personnes, ce qui entraîne un grand manque de diversité et surtout d’objectivité dans la diffusion de l'information. Au Québec, le principal télédiffuseur et propriétaire des quotidiens les plus populaires auprès de la masse est Québecor Média. Ce monopole de l'information entraîne la commercialisation des nouvelles à l’insu de la diffusion objective. Au Québec, l’information est menacée par l’empire grandissant des Péladeau (père et fils) qui monopolise la diffusion de l’information à travers la province. Québecor a une influence immense sur le milieu culturel, économique et politique, et ses dirigeants ne s’en cachent pas: sur le site web de la filiale, on peut accéder à une liste des entreprises que possède la multinationale.

    « Québecor Média inc. regroupe plusieurs centres d’affaires surtout au Québec et dans le reste du Canada. La plupart des entreprises qui composent cette filiale sont des chefs de file dans leurs secteurs d’activité respectifs :
— Vidéotron ltée, premier câblodistributeur du Québec et troisième du Canada, et seule entreprise sur son territoire à offrir tous ses services de télécommunications via son réseau à large bande : télédistribution, accès Internet et téléphonie résidentielle et d’affaires;
— Corporation Sun Media, le plus grand éditeur de journaux au Canada;
— MediaPages, le guichet unique où sont consolidées toutes les activités d’annuaires en ligne de Québecor;
— Groupe TVA, le plus important télédiffuseur privé de langue française d’Amérique du Nord;
— Canoe.ca, l’un des plus importants réseaux de portails généralistes et spécialisés en langues française et anglaise du Canada;
— TVA Publications inc., le numéro un de la presse magazine au Québec;
— Groupe Livre Québecor Média, le plus important groupe d’édition de langue française au Canada;
— Groupe Archambault : le plus grand réseau de disquaires de l’est du Canada;
— Distribution Select : le plus important distributeur indépendant de musique et de vidéos du Canada;
— Le Superclub Vidéotron ltée la plus grande chaîne de location et de vente de vidéo loisir du Québec;
— Nurun inc., un chef de file international du conseil en interactivité;
— Gestion Studios Bloobuzz S. E. C., un studio de jeux vidéo de renommée mondiale »
Source : http://www.quebecor.com/fr/content/quebecor-lentreprise

       Comme vous pouvez le constater, Québécor est l’éditeur de journaux le plus important dans tout le Canada et ses entreprises sont partout dans le domaine culturel. C’est un empire qui n’a pas honte de son pouvoir, et qui va même jusqu’à s’en servir afin d’imposer ses volontés au gouvernement (comme nous le verrons un peu plus loin). Québecor c’est aussi le bas de laine de 45 % des Québécois, d’ailleurs c’est en se servant de l’argument de ces actionnaires nombreux que Pier-Karl Péladeau affirme que « travailler pour Québécor, c’est travailler pour le Québec tout entier », confondant les intérêts de cette entreprise avec ceux des Québécois, ce qui est une généralisation dangereuse (voir article sur le lobby pro-israélien).

        Le 15 octobre 2007, un palmarès des personnalités les plus importantes dans le monde de la culture au Québec a été rédigé par le Journal de Montréal et le Journal de Québec. Pourtant, dans les deux journaux, les résultats du palmarès divergeaient. Plus tard, on apprit que les spécialistes engagés pour rédiger le palmarès avaient tous démissionné, disant qu'ils ne pouvaient plus supporter les obligations de leur patron. Des enquêteurs découvrirent que les choix des personnalités et leur placement dans la liste avaient été modifiés afin de correspondre à la faveur populaire de chaque ville. C’est pourquoi le palmarès n’était pas exactement le même pour les deux journaux. Malgré le fait que l'on entend souvent que les employés de Québécor ont d'excellents salaires en comparaison du salaire minimum au Québec, un récent sondage fait auprès de ceux-ci démontre que la majorité d'entre eux se sentent oppressés par leur employeur qui les contraint à se soumettre à de nombreuses restrictions quant à leur liberté d’expression, entre autres la modification des nouvelles quelques minutes à peine avant leur impression/diffusion. Cela cause chez ces employés un fort taux de détresse professionnelle et une hausse notable du stress engendré par le travail. Ces mêmes employés ont confié qu’ils avaient l’impression que ce sont toujours les mêmes personnes et les mêmes entreprises qui sont les cibles d’attaques médiatiques de leur employeur. En effet, un bref examen des titres des principaux journaux de Québecor montre que la FTQ, la famille Desmarais, La Presse ainsi que Radio-Canada sont les plus souvent touchées par ses infâmes diffamations. Par exemple, cela fait à peu près 3 ans que TVA ne fait plus passer les annonces de la FTQ durant la période des REER, puisque Québécor s’est mis à exiger que la FTQ achète en plus de la publicité dans le Journal de Montréal qui étaient alors en lock-out (lock-out, rappelons-nous, pendant lequel l'entreprise à fait preuve d'un mépris révoltant face a ses employés).

          À l’inverse de ces actes dérisoires, on constate que dans tous les médias de Québécor l’entreprise est mise sur un piédestal. Des premières pages ayant comme titre « Péladeau, un modèle? » ou « Vidéotron la plus admirée » sont souvent publiées afin d’aider à construire une opinion positive de l’empire Québécor dans la tête des lecteurs. Pourtant, ce ne sont pas toujours des articles aux sources fiables qui placent Québécor en premier plan de l'actualité québécoise. Par exemple, les résultats d’un sondage Léger Marketing plaçant la filiale Vidéotron en première position des entreprises les plus admirées par les Québécois ont été publiés dans le Journal de Montréal. Pourtant, l’intégrale du sondage, publié dans le journal « Les Affaires » montre que Vidéotron n’arrive qu’en 102e place des entreprises les plus admirées au Québec. Il n’est premier que parmi les télédistributeurs. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de l’autopromotion et de la distorsion des informations qui sont des phénomènes de plus en plus évidents au sein de l’empire Péladeau. Mais en ce qui concerne la concentration des médias au Québec, il n’y a pas que Québécor qui y joue un rôle important. Gesca, CBC/SRC et Québécor comptent pour plus de 83 % de toutes les nouvelles consommées par le Québec tout entier. Québécor domine avec 37 %, CBC/SRC 24 % et Gesca 22 %. J’ajouterais qu’en ce qui concerne les nouvelles servant les intérêts de son entreprise, Québécor est en tête de liste avec plus de 55 % de ses nouvelles qui touche ses intérêts; c’est plus que la moitié du contenu.

          Sortons un peu du Québec et allons voir les dégâts que l’empire fait à travers le Canada anglais. Le 30 mars 2009 à New York, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, accompagné par son directeur des communications Kory Teneycke a une rencontre qui n’est pas à l’horaire officiel. En effet, ils s'en vont rencontrer le baron de la presse internationale: Rupert Murdoch, propriétaire de la chaîne d'information qui décrédibilise le plus le métier de journaliste, Fox News. Quatre mois plus tard, Kory Teneycke quitte le bureau du premier ministre et est engagé par Québecor afin de créer le réseau de nouvelles Sun News, surnommé par plusieurs le « Fox News du Nord ». « Nous nous attaquons à la rectitude politique, nous ne serons pas une télévision d’État aux nouvelles ennuyeuses produites par des fonctionnaires pour l’élite aux frais des contribuables » affirma Kory Teneycke lors d’un point de presse précédant l’ouverture officielle de Sun News. La chaîne détient déjà le record du plus grand nombre de plaintes logées au Conseil canadien des normes. Ces plaintes sont en rapport avec les attaques des animateurs envers des personnalités québécoises. En effet, lors d’une entrevue avec la danseuse canadienne Margie Gillis, qui venait de recevoir un prix du gouverneur général pour l’ensemble de sa carrière de 39 ans, l’animatrice de Sun News ridiculisait sans gêne la danseuse. Elle lui reprochait entre autres de profiter de l’argent durement gagné des contribuables, et de ne pas avoir de réel talent en danse. Peu de temps après, ce fut au tour du ministre du Patrimoine James Moore d’être attaqué par la même animatrice, car il défend les subventions aux artistes. Malheureusement, il n’est pas au bout de ses peines, car c’est une cible régulière du réseau Sun News puisque son ministère est responsable de CBC/SRC. Encore plus choquant encore, un animateur de Sun News a porté une perruque orange à la suite des funérailles du chef du NPD Jack Layton dans le but de rire de l’importance que CBC lui avait accordée. « L’influence des empires médiatiques est telle qu’elle manipule la police et la politique. » — Affirme Richard Gitzberg, Journaliste à Aljazeera English. Ce journaliste nous met en garde que les risques de dérives démocratiques sont grands considérant l’emprise qu’a Québécor ainsi que son refus constant d’accepter les mêmes règles d’éthique que le reste de l’industrie.


        Plus actuellement, il y a eu la scandaleuse histoire de l'amphithéâtre de Québec. Le gouvernement avait affirmé qu’il débourserait 200 000 000 $ et la ville de Québec presque autant d’argent dans l’espoir de ramener les Nordiques. Pourtant, Pier-Karl Péladeau affirme lui aussi participé à la construction de l’amphithéâtre, alors qu’en réalité il ne donne pas d’argent directement à la construction de l’édifice, il ne fait que payer pour voir son nom inscrit sur l’immeuble, et il s'est donné le droit d'en être l’unique locataire pour un minimum de 25 ans. Cette entente, bien que ridicule, passa en commission parlementaire, où Régis Labeaume et Pier-Karl Péladeau ont tous deux plaidé pour l’adoption d’une loi spéciale, afin de mettre l’entente qu’ils ont conclue à l’abri des tribunaux, sans appel d’offres. Cette loi, appelée loi 204, fut adoptée avec le vote de la chef péquiste Pauline Marois, mais le malaise qui en découla lui coûta plusieurs membres de son parti. Ces derniers, qui démissionnèrent en signe d’opposition à l’adoption d’une telle loi, sont toujours manquants à l'appel. Bref, en ce moment, c’est presque toute la ville de Québec qui est contrôlée sur le plan médiatique par Québecor Media. Cela montre le poids inquiétant qu’a l’empire sur le gouvernement. Cette situation en inquiète plus d’un: en effet plus de 80 % des députés sont inquiets de la trop grande concentration des médias au Québec. Saviez-vous qu'une autre filiale de Quebecor Media, Nurun inc., est une importante agence de technologies et de communications interactives au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Asie? Ne trouvez-vous pas que l'entreprise Péladeau commence à prendre une expansion inquiétante, et qu'il va trop loin en ce sens ? Il est important pour un peuple qu’il reste constamment sceptique et que le doute quant à l’information qu’il reçoit via les médias reste toujours aussi fort, surtout lorsqu’il s’agit de Québecor. Car comme vous avez pu le constater, pour eux il n’est pas question de diffusion objective de l’information, mais bien de commercialisation. Cela nous amène vers une société ou l'information est réduite au rang de simple marchandise. Est-ce vraiment le reflet de Québecor que nous voulons voir à travers le peuple québécois?


       Sources : http://www.marketwire.com/press-release/Quebecor-Media-elargit-son-reseau-de-distribution-et-de-journaux-regionaux-et-acquiert-TSX-QBR.A-1390418.htm http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2011/09/20/005-rentre-debats-projet_204.shtml http://www.ledevoir.com/societe/medias/312156/quebecor-un-bilan-ethique-et-democratique-entache http://www.cbc.radio-canada.ca/fr/centre-de-presse/2010/12/02/

mercredi 29 mai 2013

Pourquoi séparer religion et état, par Tristan Tremblay

     C’est en lisant un article paru dans ``Le Soleil`` du mardi 28 mai 2013 que ça m’a frappé : un haut-le-cœur écrasant, doublé d’une rage insoutenable.

    Figurez-vous donc que la Cour d’appel a décidé que le maire de Saguenay, Jean Tremblay, pourra réintégrer le Jésus cloué (crucifix pour les sectateurs) dans la salle du conseil de ville, et aussi recommencer à réciter une prière avant chaque séance. Le maire, connu pour ses déclarations incendiaires et souvent d’un autre temps, va même jusqu’à avancer qu’il ne comprend aucunement les motifs de la poursuite.

       Rappelons que cette poursuite a été intentée par un citoyen, Alain Simoneau, soutenu par ‘’Mouvement pour un Québec laïque’’, un organisme à but non lucratif, afin d’empêcher le maire de mêler religion et démocratie. Bref, le maire de Saguenay vit dans un conte de fées illusoire digne du moyen-âge.

     Souvenons-nous ce que la religion a fait au Québec : freiner le progrès social. Toutes les manières d’avancer de notre société dite moderne ont été considérées par ces négationnistes de notre histoire paléontologique comme des menaces pour la suprématie de leur pouvoir malsain. Jean Tremblay a beau invoquer comme défense qu’il ne s’agit pas de religion, mais de patrimoine, il est très difficile pour moi de comprendre comment son point peut être défendable. L’Allemagne a, elle aussi, un passé trouble, mais je vois mal Angela Merkel faire le salut hitlérien avant de présider son assemblée. De même qu’il m’est inconcevable que Barack Obama porte un déguisement du Ku Klux Klan à la maison blanche, qu’il s’agisse ou pas du patrimoine de son pays. Revenons donc sur notre passé, puisqu’il le faut encore…

      Premièrement, il y a eu l’Index. Ce livre, publié par le pape lui-même depuis le XVIe siècle, contenait une liste d’ouvrages interdits pour les bons chrétiens. La plupart des livres interdits étaient des ouvrages scientifiques, comme ceux contenant les découvertes de Copernic et Galilée par exemple. Par contre, on y trouve un nombre surprenant de bouquins ecclésiastiques, et aussi d’éditions anciennes de la Bible. La raison est simple : le nombre de modifications faites à la bible depuis sa première édition pour mieux contrôler les suivants du dogme chrétien. Il n’a été retiré qu’en 1966, près de 400 ans après sa première publication.

     Ensuite, et non sans oublier les centaines ‘’d’hérétiques’’ et de femmes condamné(e)s par l’oppression catholique du peuple québécois sur toute la période coloniale, il y a eu la période Duplessis. Le pouvoir religieux à son apogée, au Québec du moins. Utilisant la foi des ‘’Canadiens français’’ pour se faire élire et se garder au pouvoir, cet homme a fait reculer le Québec dans tous les domaines (économique, social, politique, et j’en passe…) au nom de sa religion dépassée.

     Et finalement, il y a une raison qui n’est pas historique, mais scientifique. Même si on n'ose pas trop l'admettre publiquement, il n’est pas concevable si on suit le développement présent de la science de penser que Dieu puisse exister, du moins pas selon aucun des récits bibliques et autre écrits saints connus… De tous les pays développés, les seuls à s’accrocher obstinément et stupidement à leur religion respective (si on exclut bien sûr la pseudo-monarchie britannique) sont les pays américains et ceux du nord de l'Afrique (voir l'étude QI versus religiosité au dernier paragraphe). Après des siècles de domination chrétienne, la plupart des pays civilisés ont fini que par comprendre l’importance capitale de séparer croyances organisées et pouvoir politique. L’Australie sépare définitivement l’Église et l’État en 1901, la France en 1905, suivi par toutes les puissances occidentales. Aux États-Unis, par contre, l’état, même séparé, continue fréquemment les références religieuses, ce qui nuit à sa crédibilité à travers le monde.

     Même si ici l’état est dit ‘’laïque’’, la constitution canadienne stipule que ‘’le Canada est fondé sur le principe de la suprématie de Dieu’’. C’est sur ce principe que la Cour d’appel a décidé, lundi, de laisser le maire faire ses singeries avant les séances du conseil de ville de Saguenay. Voilà donc une raison de plus de jeter ce torchon insignifiant aux poubelles définitivement et de se doter d’une constitution qui nous ressemble, et qui ne nous fait pas passer pour des arriérés sur la scène internationale.

     Avant de terminer, j’aimerais partager avec vous très chers lecteurs une étude réalisée par Lynn  Richard, John Harvey et Helmuth Nyborg de l’Université d’Ulser en Angleterre, liant QI moyen par pays et religiosité. Il est clair d’après cette étude qu’il faut à tout prix éloigner les gens croyant en des livres vieux de deux mille ans du pouvoir politique et démocratique qui mène la plupart des pays développés d’aujourd’hui. L'étude est disponible a cette adresse : www.intelligence-humaine.com/religion.html

lundi 27 mai 2013

Liste non-exclusive des violations des droits des Québécois par l'envahisseur britannique, de 1760 à aujourd'hui, par Tristan Tremblay

1755-1763
Déportation des Acadiens, habitants francophones du Nouveau-Brunswick et des alentours. Ils seront opprimés, exécutés en masse puis déportés par les autorités anglaises. La plupart fuiront leur lieu de déportation où ils seront exploités par les Anglais pour ensuite s'installer à Saint-Domingue.
Lieux de déportation : 
Connecticut - 666
New York - 249
Maryland - 810
Pennsylvanie - 383
Caroline du Nord - 280
Géorgie - 185 
Massachusetts - 1043
Rivière Saint-Jean - 86
Île Saint-Jean - 300
Baie des Chaleurs - 700
Nouvelle-Écosse - 1249
Québec - 2000
Angleterre - 866 (au départ plus de 1300, mais quelque centaines moururent d'une épidémie virulante lors de leur détention en Angleterre) 
France - 3500
Louisiane - 300
TOTAL : 12 619
Source : R. A. Leblanc, Les migrations acadiennes, dans Cahiers de géographie du Québec, vol.23, n. 58. avril 1979, p. 99-124;

1759
Après la prise de Québec, Wolfe fait éliminer une bonne partie de la population, surtout des Autochtones, puis laisse ses troupes violer les femmes et piller la ville. S'ensuivra l'occupation militaire jusqu'en 1800;

1837-38
Massacre et éxécution des Patriotes. (Voir article ''Le jour des Patriotes, par Tristan Tremblay'');

1885
Massacre des Métis francophones et pendaison de Louis Riel;

1870-1930
Exil de près de 900 000 Québécois aux États-Unis, ou ils seront finalement encore plus pauvres, travaillant souvent dans les nouvelles usines industrielles de l'époque. Au plus fort de la crise, en 1901, la moitié de la population née au Québec réside aux États-Unis;

1900-1920
Élimination progressive des droits des francophones partout au Canada anglais (Ontario, puis Manitoba, puis Nouveau-Brunswick, et ainsi de suite) 

1917
Conscription. Émeutes. Le 1er avril 1918, à Québec, L'armée Canadienne ouvre le feu sur ses propres citoyens: 4 morts en plus de 70 blessés;

1940
Conscription, prise 2. Le maire de Montréal, Camilien Houde, résiste et tente de soulever le peuple contre la guerre. Il sera interné dans un camp de concentration en Ontario. Ça m'est étrangement familier, surtout à cette époque...

1970
Enfin, la plus grande violation de nos droits, à travers notre histoire. Le plus illustre représentant de cette fédération pourrie dont nous faisont partie depuis des lustres (soyons heureux qu'il soit enterré depuis longtemps): Pierre-Elliot Trudeau. En effet ce fédéraliste sans aucune vergogne débarque l'armée au Québec pour terroriser la population, suite à la révolte justifiée du FLQ. La propagande fera ensuite haïr ces nouveaux patriotes à la population, et ces derniers seront déportés.

vendredi 24 mai 2013

Incroyable, mais vrai, par Marc Laperrière


      Il y a de cela quelques années déjà, je n'en croyais pas mes oreilles lorsque l'affaire Lise Thibault est venue aux oreilles du grand public. En 2007, cette femme a été accusée d'avoir volé environ 700 000$ à l'état en dilapidant nos taxes et impôts dans des dépenses personnelles, un principe qui n'a plus rien de surprenant dans nos institutions politiques actuelles... Cependant, pour se défendre, elle a invoqué l'immunité de la couronne en évoquant le principe selon lequel « the Queen can do no wrong » - une défense qui nous ramène presque au temps de la monarchie de droit divin. La Cour supérieure et la Cour d'appel du Québec ont déjà refusé d'appliquer ce principe puisqu'il se rattacherait plutôt, selon les deux instances judiciaires, à l'exercice de ses fonctions qu'à toute activité criminelle. Suivant le jugement similaire qui vient d'être rendu par la Cour suprême, le juge chargé du procès sera celui qui tranchera sur cette affaire. Après avoir vu ce cas évolué sur près de 6 ans déjà, je me pose la question suivante: comment est-ce possible, de nos jours, que l'on puisse penser à utiliser une telle argumentation afin de prouver quoi que ce soit? Je croyais que c'était révolu, mais non, apparemment la constitution n'empêche pas quelqu'un d'évoquer le fait que la reine ne peut absolument pas faire d'erreur, et pire encore, que son représentant ne peut pas en faire non plus puisqu'il est son porte-étendard.

      En bref, ce qu’il faut retenir de cette histoire c'est que peu importe ce que cette femme aurait fait ou décidé durant la décennie qu’a duré son mandat de lieutenante-gouverneure du Québec, elle aurait pu être immunisée contre toute poursuite puisque la reine ne peut pas se poursuivre elle-même. Qu'arrive-t-il à la justice? On la balaie du revers de la main, et ce, avouons-le, sans trop s'en faire. Après tout, la reine n'est-elle pas toujours sur nos billets de banque de vingt dollars? Ne vient-elle pas nous rendre visite parfois en saluant la foule avec un grand sourire? Je crois que moi aussi, si j'étais à sa place, je sourirais de la sorte. En regardant un peuple qui n'a aucun pouvoir réel, un peuple qui, malgré sa constitution et son indépendance théorique, ne peut toujours pas prendre de décisions sans qu'un lieutenant-gouverneur ne puisse apposer un droit de veto dessus, je sourirais certainement en me disant qu'au fond, la politique, ce n'est pas si dur. Si les gens sont mal-informés, voire pas du tout informés sur les grands enjeux qui sont au cœur de tous les débats socio-économiques du moment, il n'est pas du tout compliqué de gérer un empire. Quand un principe comme l'immunité politique ou l'immunité de la couronne peut encore être légal dans un pays sans que personne ne semble plus concerné que cela par l'immoralité même sur laquelle se base cette idée, une alarme devrait être sonnée pour prévenir les gens que quelque chose ne va pas. Dans ce cas-ci, heureusement, cette femme ne devrait pas s'en tirer sans égratignures : je lui souhaite d'avoir ce qu'elle mérite, même si j'ai dans l'idée que ce n'est pas ce qui va se passer. Seul le déroulement du procès prévu pour avril 2014 nous le dira, ça et le niveau de corruption du juge qui présidera l’assemblée, bien entendu.

     Toutefois, nos attentes envers une constitution dont le rapatriement a été négocié et accepté dans une cuisine ne devraient pas être si élevées, cependant, j'aurais au moins aimé qu'elle nous sépare pour de bon de la Grande-Bretagne. Le Canada devrait, au minimum, effectuer certains amendements pour affirmer son indépendance ou même mieux, rédiger un nouveau texte constitutionnel. S'il ne le fait pas, les Québécois devraient alors comprendre que s'ils souhaitent vraiment faire partie intégrante d'un pays qui est leur, ce ne sera pas avec le Canada qu'ils arriveront à le faire.

lundi 20 mai 2013

Le Jour des Patriotes, par Tristan Tremblay


Je profite donc de ce jour de commémoration solennelle pour écrire un premier article dans le cadre du nouveau média libre, ‘’L’Activiste’’. En effet, il y a des souvenirs dans l’esprit d’une nation qui ne peuvent être enterrés, quand même bien les fédéralistes et autres ennemis du peuple québécois se démèneraient corps et âme pour le faire. Le Robert nous dit : ‘’ Le sens moderne de nation est assez proche de celui de peuple, mais ajoute souvent l'idée d'État (souhaité, autonome ou indépendant). ‘’ Dans un tel cas, notre nation pourrait être définie par un peuple de langue et d’origine (si lointaine soit-elle) françaises, par opposition à la marée anglo-saxonne qui nous entoure depuis quatre siècles. Par contre, notre état nous a lâchement été volé en 1760, lors de la conquête de l’Amérique du Nord française par la couronne britannique. Alors les Anglais décidèrent de tuer notre culture en plus de contrôler notre état, seule façon pour eux de s’assurer une paix durable en Amérique du Nord. Mais très rapidement, la guerre d’indépendance américaine vint tout changer. Les Américains (qui n’étaient encore à cette époque que des colons britanniques) décidèrent de se rebeller contre le pouvoir désuet de la monarchie. Nos maitres anglo-saxons, savant fort bien le risque élevé que le vaillant peuple québécois rejoigne cette rébellion tout à fait justifiable, ont donc décidé de nous amadouer. Par la religion, opium du peuple, et surtout par l’Acte de Québec, qui nous donnait des libertés illusoires, les autorités anglaises réussirent à garder le calme sur la terre de notre peuple. Le clergé, qui a toujours été le premier complice de nos geôliers, était bien sûr là pour encourager fortement le calme et la soumission. Calme et soumission qui ne nous mèneront nulle part, sinon dans le monde absurde où notre nation évolue encore aujourd’hui. Après la révolution américaine arriva la Révolution française, époque qui vit la fin de la monarchie absolue et aussi des ambitions colonialistes françaises, du moins en Amérique.
Bref, nous avons été conquis, dépouillés de nos terres, et amadoués lorsque le besoin s’en faisait sentir. Il faudra attendre les années 1830 que nous nous révoltions pour la première fois. En effet, c’est un problème de représentation qui nous poussera à prendre les armes. Notre parlement, à cette époque, comptait le même nombre de députés anglophones que de députés francophones, pour une population largement francophone. Louis-Joseph Papineau, a la tête du légendaire Parti patriote depuis 1826, participe au comité qui rédige les 92 résolutions, qui seront adoptées par le parlement en 1834. Ces revendications seront les premières de notre histoire à faire valoir notre droit incontestable sur nos terres et notre état politique. Ces résolutions seront rejetées du revers de la main par Londres, entraînant ainsi une rébellion armée d’une partie du peuple québécois. Remportant une seule victoire contre l’armée anglaise a Saint-Denis le 23 octobre 1837, mais les Fils de la Liberté seront écrasés par les Anglais à Saint-Eustache le 14 décembre. C’est ainsi que prit fin notre première lutte pour notre liberté. À ce point, les Anglais détenaient 753 prisonniers dont 99 furent condamnés à mort par le tribunal. Le général Colbourne ordonne donc l’exécution publique de douze d’entre eux. Cette pendaison aura lieu devant la prison montréalaise du Pied-du-Courant, devant une foule de milliers d’anglophones enthousiasmés. Les noms des douze macchabées suivent :

— Le Cardinal Joseph Narcisse, chef de la société anticolonialiste des Chasseurs, 30 ans
— Joseph Duquette, membre des Fils de la Liberté, 22 ans
— Pierre Théophile Decoigne, patriote extrémiste, qui sera pendu sans preuve à l’appui, 30 ans
— François-Xavier Hamelin, lieutenant dans l’armée de résistance, 23 ans
— Joseph Jacques Robert, cultivateur de 54 ans, père de 2 enfants, capitaine dans la milice
— Amable Daunais, qui prononça la condamnation à mort d’un espion anglais, 21 ans
— Ambroise et Charles Sanguinet, frères cultivateurs de Saint-Philippe, 38 et 36 ans
— Francois-Marie-Thomas
de Lorimier, descendant d’une famille noble, 30 ans et père de trois enfants, mort en s’écriant : ‘’ vive la liberté, vive l’indépendance! ’’
— Pierre-Rémi Narbonne, qui se débattit et agonisa pendant près d’une heure devant les applaudissements de la foule anglo-saxonne
— François Nicolas, 41 ans, monta sur le gibet en déclarant : ‘Je ne regrette qu’une chose, c’est de mourir avant d’avoir vu mon pays libre, mais la providence finira par en avoir pitié, car il n’y a pas un pays plus mal gouverné dans le monde’
— Charles Hindelang, général de l’armée de résistance, 29 ans.

Alors lorsque comme chaque année depuis 10 ans arrive le jour férié des patriotes, souvenez-vous du 15 février 1839. Ce jour ou douze résistants ont été pendus, avec comme crime d’avoir voulu défendre leur pays, leur nation, leur terre adorée. Lorsque reviendra le moment de prendre les armes, dans 100, 200 ou peut-être bien 20 ans, souvenez-vous de ceux qui sont morts pour votre liberté. Car le cours de l’histoire nous enseigne que tout pays contenant plusieurs nations finit un jour ou l’autre par s’écrouler dans la guerre civile.

-Marcel Tessier raconte notre histoire, éditions Québec Loisirs